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    Dans le Kalahari

     

     

     

    Je l'ai vu, au détour d'une dune.

    Irréel et noyé dans la fluidité rose.

    Les colères du temps l'avaient un jour brisé ; à moitié arraché de son socle mouvant.

    Depuis il se trainait sur des moignons de branches.

    Désespérées ; ses racines crevaient l'air comme une accusation.

    Seul un pieu rescapé sondait les profondeurs...Et l'arbre survivait...

     S'entêtant à lancer vers le ciel ses ramées aux fleurs jaunes.

    C'était un acacia comme on en voit parfois aux franges du désert : fantômes presque secs.

    Lui était là, tout seul et immensément vieux.

    Il fabriquait déjà quelques rameaux noircis desquels sa sève irait en une vapeur grise mourir un peu plus loin.

    Sous son ombre tremblée des myriades de brindilles accumulées au sol ; les déchets de sa trop longue vie.

    Un instant j'aurais pu croire qu'il était venu là d'un colossal effort. J'imaginai qu'il avait fui les siens.

    Souhaitant que ses dryades ne soient pas toutes enfuies, je suis resté longtemps à attendre qu'il bouge.

    Le lendemain...  et les jours qui suivirent...  je suis revenu voir cet arbre du désert.

    Stigmates des souffrances auxquelles il résistait dans cette aridité, j'effleurais ses crevasses.

    Décharné dans sa vie, squelette presque mort,

    Plus que Janus des arbres il était le passé, le présent, le futur...

    Symbole d'éternité dans ce désert sacré parcouru de Bushmens.

    Et de frissons sauvages...

    Au détour d'une dune dans le Kalahari...

    Un acacia mourait d'une trop longue vie...

     

    Cet arbre existe : j'ai passé du temps auprès de lui. Je crois sincèrement que ces ancêtres ont des choses à nous apprendre.

     

    Si nous savions les approcher..

     

     


     

    Les arbres représentent une forme de vie complexe. Quand j'en regarde un je ne peux m'empêcher de songer qu'il est issu d'une lignée qui a vu se lever le matin du monde il y a plus de quatre cent millions d'années.

    En voici un qui vous raconte son histoire.

     

     

    Naître bois de résonance.

     

    Je suis né au printemps, quand l'hiver se replie dans un profond sommeil.

    La neige étendue adorant le soleil fut ma première image dans ces monts désolés.                       

    Avant de la crever j'ai lancé mes racines à l'assaut du sous-sol,

    étranglé chaque roche trouvée et épuisé la terre ; généreuse à mes membres affamés.

     

    Fort de ces mille ancrages je pouvais m'élancer ;

    mon socle ferait front à la montagne folle quand ses vents noirs hurlants cascadant des sommets se jetteraient sur moi.

    L'altitude et le gel ont fait battre mon cœur beaucoup plus lentement que mes frères des plaines.

    Du sépulcral silence, de la lenteur de vivre, j'ai appris la patience et la force des pierres.

     

    Avec le temps je suis devenu cet autel minéral où songent les Dryades.

    S'enroulant à mes branches, jouant dans mes ramées, triturant mon écorce pour s'infiltrer partout leur magie s'est coulée dans mes fleuves secrets.

    Combien d'années à vibrer d'énergies prodigieuses tapies dans mes tréfonds.

    Aujourd'hui assagies elles espèrent l'heure de ma transmutation.

     

    De mon corps jaillira un cœur de résonances : fruit d'une vie passée à forger des fibrilles d'acier.

    J'ai donc aimé cent ans grandir dans un seul but : attendre la cognée ! Pour mourir et renaître... en tables d'harmonies, éclisses, chevalets... fins barrages sculpteurs d'intenses vibrations.

     

    Dans ma seconde vie, voyageur aux quatre coins du monde, j'envahirai le temps de mes sonorités !

    Sous des doigts magiciens vibrer à l'infini et noyer les parterres d'océans d'émotions !

     

    Tout en bas, je les vois, des hommes m'évaluent... m'envisagent en quartiers.

    Parmi eux un luthier.

     


     

    les déserts.

     

    Ils sont dans le silence ou l'haleine des vents,

    mais quand ils parlent ils chantent en déplaçant leurs vagues

    en nuages de cristaux que le souffle du temps

    a patiemment roulés.

    Ils sont dans le mystère et peuplés de fantômes.

    Dans le jour du soleil ou la nuit des étoiles,

    Il faut suivre leurs pistes avant qu'elles ne s'effacent

    en effaçant nos rêves.

    Ils sont beaucoup trop grands, géants de notre Terre.

    Leurs fleuves n'ont pas d'eau, leurs montagnes pas d'arbres.

    Leurs routes se déplacent souvent dans un seul but :

    Se noyer dans l'espace.

    Ils sont inaccessibles dans leurs moindres secrets

    Et rouler sur leur peau en écrasant leurs dunes,

    Ou briser leur silence en profanant leur paix

    nous laisse indifférents.

    Quand nous les traversons on ne les comprend pas.

    Alors on les piétine puisqu'on croit qu'ils sont morts.

    Eux qui peuplent nos songes et le jour nous fascinent.

    Seraient-ils une image du futur de la Terre ?

    Les déserts ?

     


     

                              Si tu te crois indispensable à la Terre.

     

    Si tu penses que son existence n'a de sens profond qu'à travers la présence de l'homme et ses innombrables réalisations, si tu crois cela, alors essaie de te représenter l'image de cette Terre avant son apparition, essaie d'imaginer sa durée, ou ce qu'elle pourrait devenir après sa disparition.

    Les arbres marcheraient ; se serviraient des murs pour envoyer plus haut leurs canopées fleuries. Leurs racines broieraient les sombres avenues et de cette poussière naîtrait un humus plus riche qu'autrefois.

    Le goudron coulerait en filaments de suie, rivières de soies noires où le temps plongerait pour mieux les digérer.

    Des lacs d'eaux cristallines déborderaient de mines aux trésors inutiles : tant d'or et de diamants dérisoires... enfin.

    Le ciel devenu bleu serait aux seuls oiseaux, et la mer aux poissons... et les bateaux au fond pourraient voir à l'envers, les vagues où ils voguaient.

    Dans moins de dix mille ans il ne resterait rien de l'aventure humaine.

    Comment espérer plus d'un si bref passage ; tout au plus deux millions et demi d'années depuis la course de Lucy, peut-être quelques millions de plus si on veut considérer Toumaï ; mais s'agissait-il d'un humain ?

    La Terre devenue belle, seuls d'éternels satellites nourris de soleil se souviendraient de l'histoire des hommes... La mémoire infaillible de ces voyageurs de l'espace réalisant dans une ultime ironie le plus vieux fantasme humain : devenir immortels.

    Dans moins de dix mille ans...

    Un observateur étranger aurait tôt fait de voir une ombre sur cet idyllique tableau.

    Les animaux les plus forts dévorant les plus faibles et le sang des victimes fertilisant la terre.

    D'incroyables forêts aux arbres gigantesques se gaveraient de lumière tandis que dans l'ombre, au sol, des myriades végétales tenteraient de survivre étranglées par leurs géants voisins.

    Leur misérable vie n'ayant pas d'autre but que d'enrichir l'humus.

    Rugissements des vainqueurs. Fuite éperdue des vaincus.

    La loi du plus fort...

    Encore et toujours...


     

     

    La vie dans les déserts.

     

    La vie existe ici mais on ne la voit pas.

    Le soleil la dérange, il est beaucoup trop chaud.

    C'est la nuit qu'elle bouge de mille petits pas,

    De reptations précises et de sautillements.

    De chaque trou elle sort pour une goutte d'eau,

    Son lot de protéines et de sucs nourriciers.

    Elle a ses stratagèmes la vie pour perdurer.

    Des poisons ou des crocs, des pinces, des carapaces,

    Des dards, des aiguillons, tant d'armes sophistiquées.

    Elle a dû inventer des solutions étranges,

    C'était ça ou finir par ne plus exister.

                           Mais le jour elle dort au fond de son terrier.

     

     


     

     

     

    Le soir au campement, juste une toile de tente et un feu qu'il faut entretenir toute la nuit pour tenir à distance les fauves qui n'hésitent pas à s'approcher attirés par les odeurs

    et notre présence insolite pour eux.      

     

    Au feu de camp.

     

    J'aime au soir le soleil quand il meurt sur les dunes,

    S'abandonnant au sable qui en boit lentement la lumière.

    L'obscurité étend de silencieux soupirs sur la nuit du désert.

    Éclaboussée d'étoiles elle frissonne d'ombres

    Dont les yeux affamés ont des idées de sang.

    Des idées de proies.

    Ces fantômes louvoient au travers d'arbres secs, transparents et tordus.

    Mon faisceau les surprend. Réveille leurs iris ;

    Vertes pupilles rondes grandies d'étonnement.

    Très vite les regards se dérobent ; se sachant repérés.

    Quelques cris plaintifs fusent comme autant de questions.

    Les sombres hyènes hument les effluves du camp :

    Espèrent un prochain repas.

    Leur maraude hésitante peut durer une nuit.

    Le feu, notre allié brûlera – sentinelle –

    Sa danse silencieuse maintiendra à distance

    Les fauves inquiétés et nous pourrons dormir

    A l'abri de la toile – ce rempart dérisoire – d'un sommeil éthéré

    Qui entendra les voix de la nuit africaine.

     


     

     

    Le rhinocéros noir

     

    Il a les formes anciennes d'un très vieux dinosaure.                         

             L'extinction des espèces n'a pas voulu de lui.

                   Deux poignards sur le nez tel un bicératops.            

      Des yeux presque inutiles mais une ouïe efficace,Un odorat aussi.

    On croit qu'il est trop lourd,         

            Que son pas laborieux l'empêche de courir.

                  Attention à l'erreur, sa charge est redoutable.

                        L'impact explose tout. Caractère irascible

     Qui ne facilite pas la rencontre. Seul la plupart du temps

     Le rhinocéros noir aime pardessus tout qu'on lui fiche la paix.

     

     

     


     

     

     

    Le vautour

     

    Du haut des hautes branches le vautour fauve observe.

    Son œil, son odorat ne le trompent jamais.

    Aujourd'hui il aura son repas de voilier.

    Il est seul pour l'instant mais il sait que bientôt

    ses frères planeront dans l'azur immobile.

    Sur la mort ils viendront danser pour leur survie.

    Et la loi du partage aura droit de cité,

    c'est dans l'ordre des choses depuis la nuit des temps.

    Depuis que les vautours attendent patiemment

    la fin de toute vie pour nettoyer la plaine.

    Les heures d'agonie du zèbre terrassé

    vont bientôt prendre fin. Dans son œil les reflets

    de son ancienne vie se voilent brusquement.

    L'oiseau qui l'a senti tombe de son perchoir

    pour vivre pleinement l'heure du charognard.

     

     

     


     

    Les déserts. (2)

     

    Marcher dans ce désert qui envoûte notre âme

    Pour tenter d'approcher son ventre et son cœur.

    Sentir la vie ancienne endormie sous le sable

    Et, glissant sur sa peau suivre sa veine piste. L'artère qui nous conduit.

    Chaque pas lourd de sens nous ouvre un horizon.

    — Ne jamais oublier qu'ici nous ne sommes rien —

    Quand un chêne s'effondre un flexible roseau peut espérer survivre.

    Alors...

    Devenir humble et fluide comme une inexistence

    Léger comme une aura...

    Ombre...

     

    Et regarder là-bas...

    Ces chaines de montagnes empilées loin à l'est,

    Usées par tous les vents et les millions d'années.

    Un pastel de couleurs ; bleues, mauves, roses, grises.

    Et à l'ouest ce mirage qui suit obstinément.

    Sous un soleil voilé par une étrange brume,

    Il scintille en un lac pourtant bien improbable.

    Aussitôt qu'on l'approche l'eau tremble... et disparaît.

    Quelques secondes absente, la voilà à nouveau

    Pour nous accompagner dans notre traversée.

    Nous ne sommes qu'un point sur cette immensité.

           Un passage dérisoire dans la vie de ce sable,

                 Qui oubliera nos traces d'un coup de vent demain

    Mais lui dans nos mémoires il contera longtemps...

     


     

     

    Les déserts. (4)

     

    Il faut juste se taire.

    Regarder le soleil quand il va se poser

    Et oranger les vagues nacrées de chaque dune.

    Écouter le silence qui s'écoule des ombres.

    Se laisser envahir comme une eau par la nuit.

    Et sentir que la vie

    Frémit dans chaque pierre.

    Existence minuscule sans laquelle le désert

    Ne serait qu'idéal.

    Alors ; Se trouver là...

    Un des rares endroits où rien n'a d'importance,

    Où tout est essentiel...

    Étrange paradoxe.

    Avoir le sentiment de ne pas déranger.

    Posé.

    Les yeux dans l'univers...

    Et rêver...

     

     


     

     

     

    Les déserts. (3)

     

     

    Ce désert est trop grand. Y marcher des années

    Ne nous permettrait pas de tout le découvrir.

    Sa beauté bien trop vaste pour la mémoire d'un homme

    Ne lui concèderait que quelques souvenirs.

    Il a cent paysages, des couleurs par milliers.

    De grands arbres verdissent dans le lit de rivières

    Asséchées trop souvent et quand ils meurent un jour

    Leurs squelettes debout durent encore cent ans.

    Ces témoins sentinelles semblent nous prévenir

    Que l'intrusion ici est une violation

    Et peut avoir un prix.

    Et sa faune farouche refuse de nous voir

    Se fond dans le lointain poursuivie par nos voix

    Qui déchirent l'harmonie de ces lieux de silences.

    L'intime de son sable protège la mémoire de cette éternité

    De montagnes fatiguées, usées par trop de temps.

    Mémoire de poussière... Mémoire de la Terre...

    Sur laquelle nous marchons.

    Il faut voir...

    Dans ses lumières un rêve, dans ses ombres un mystère.

    Les traces de nos pas ne font que l'effleurer.

       Ce désert est trop grand...

       Beaucoup trop grand pour nous...

     


     

                                                                     Arbre du désert.

     

     

    Quelques griffes-racines pour accrocher son pied,

    Au-dessus – comme une outre – un tronc démesuré,

    Cinq six branches alentour toutes hérissées d'épines

    Afin de protéger ses feuilles et ses fleurs.

     

    Il boit l'humidité qu'il vole à l'air du temps

    Et croît par le soleil dans cette aridité

    Car la roche trop pauvre ne peut pas le nourrir.

     

    Le vent houleux des dunes promènera ses graines.

    Le hasard en perdra dans une fissure ancienne.

    Si la vie le veut bien certaines germeront

    Et elles deviendront des arbres du désert.

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

    Welwitschia mirabilis

     

     

     

    Je regarde mille ans comme un homme en voit cent.

    Un pied roc m'enracine, et posées sur le sol

    Mes feuilles : mes deux bras s'enroulent et se torsadent.

    Ce désert me fait mal. Il me brûle le jour. Il me gèle la nuit.

    Et ses vents me torturent.

    Livre ouvert de ma vie

    Toutes mes cicatrices s'offrent à vos regards.

    Je vois ceux qui m'observent se perdre en conjectures,

    Se demander comment on peut vouloir ma vie

    Ou par quelle volonté, quelle folie des Dieux

    Un tel prodige est né.

    Je ne sais pas...

    Je vis là...

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

    Les lionnes

     

     

    Il y a du croc dans l'air, et de la griffe aussi.

    Pour l'instant au repos, d'un côté de la mare la patte est de velours.

    L'œil de chasse assoupi, le grondement éteint.

    Sûrement rassasiés les estomacs digèrent.

    Les dents sous les babines ne menacent personne.

    Onze lionnes couchées reconstituent leurs forces

    Pour le prochain assaut, elles n'ont pas le choix,

    Soumises au bon vouloir de leur roi fainéant

    Et à la tyrannie de leurs nombreux petits.

    Si elles se réveillent ça va voler partout,

    Courir dans tous les sens et pour l'une d'entre elles

    Ça va déchiqueter. Elles ne s'y trompent pas

    Toutes ces antilopes à cent mètres de là.

    Koudous, Oryx, Springbocks, du grand au plus petit

    Ils n'ont pas d'autre idée ; s'en aller au plus vite !

    Seulement il faut boire ; à quoi ça servirait        

    D'éviter les canines pour sécher au soleil !

    Un pas... et puis un autre... précautionneux, tendu.

    Pour tremper le museau il faut quitter des yeux

    Cette mort qui sommeille et n'avoir que l'oreille

    Qui prévient du danger ! Alors au moindre bruit !

    Juste un caillou qui roule et tout le monde fuit

    En bonds désordonnés.

    Les lionnes étonnées reprennent leur sommeil.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

    Les racines du ciel ; c'est le nom que leur donna Romain Gary dans son roman                                                                       

    avec lequel il obtint le prix Goncourt en 1956. Je lui emprunte ce titre.

    Raconter leur histoire n'appartient pas aux hommes. Ils en savent si peu.

    Pourtant il faut en parler car protéger ce fabuleux animal participerait de leur grandeur.

     

     

     

    "Les racines du ciel"

     

    Bien avant que le père du père de Lucy songe à se redresser,

    un peuple de géants gravait pour sa survie dans le bush africain l'empreinte de ses pas.

    Du fond des millénaires Ils sont de leurs pays l'ampleur et la sagesse.

    Le soleil de midi qui efface les ombres ne les atteint même pas.

    Sous sa lumière jaune ils aiment se noyer dans des bals de poussière entre vertige et transparence.

    Leur peau de parchemin s'imprime à jamais de la couleur du sol.

    Qu'elle soit blanche ou rouge, la terre où ils sont nés les aime et les protège.

    Leur vie est un parcours écrit dans leur mémoire, il remonte aux anciens qu'ils retrouvent parfois :

    Cavernes d'os blanchis que le temps n'atteint plus, effleurés lentement d'une trompe adoucie    

    en un geste "au-revoir" jusqu'au prochain passage.

    La matriarche ; mère et grand-mère du clan, durant sa longue vie précèdera les siens.

    Les conduira.                              

                                              

    Puis un jour posera son empreinte affaiblie, et son œil ne pouvant plus regarder demain

    elle se tournera vers une de ses sœurs : transmettra son pouvoir l'espace d'un regard

    dans la nuit africaine bruissante de murmures.

    Aux premières lueurs – sortilèges enfuis – il ne restera plus qu'un guide écroulé,

    et les petits inquiets, d'une trompe timide voudront la réveiller.

    Conscients du voyage immobile où songe désormais le pilier de leur vie, les autres hésiteront longtemps.

    Ils n'auront pas de larmes mais de leur corps immense – tristesse et désarroi –

    semblera s'évader une aura de terreur face au vide insondable.

    -------------------

    Soudain l'élue d'hier choisira de partir, entrainant à sa suite la troupe ébranlée,

    elle saura trouver le point d'eau, l'herbe verte, les baobabs juteux que la défense perce

    et les arbres feuillus que le front couchera.

    Le deuil déjà inscrit au cœur de sa mémoire comme une pierre blanche, marquera le début de son autorité.

    Le clan l'approuvera en suivant l'immuable parcours des éléphants d'Afrique.

    Leur force est un silence de longues réflexions.

    Pouvoir les approcher ébranle nos savoirs, réduit nos certitudes à de pâles idées...

    Quand le dernier géant ira se suicider dans le pan d'Etosha l'immense continent aura perdu un roi.

    Les peuples pleureront.

    Et le royaume ira, vacillant, traînant son désespoir...

              La disparition de ce géant restera – cicatrice dans l'histoire de l'humanité errante –

                     une funeste erreur.            

                 

     


     

     

     

     

     

     

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