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    J'aime les voyages, mais de celui-là je m'en serais passé.

     

    Heureusement j'étais bien accompagné.

     

    Nouveaux explorateurs

     

     

     

    Et le temps s'est enfui où l'on pouvait encore

     

    hésiter réfléchir

     

    se demander pourquoi

     

    se faire ouvrir en deux serait si important

     

    Et le temps est venu d'aller poser son corps

     

    aux frontières d'un monde

     

    où règne l'inconnu des terres inexplorées

     

    Aller frôler la mort

     

    Pour des explorateurs d'un continent nouveau peuplé d'incertitudes

     

    Accepter de dormir sans être vraiment sûr

     

    que l'éveil attendu sera au rendez-vous

     

    Implacable

     

    Le trait de la lame d'acier

     

    révélera l'envers du décor familier

     

    Montagnes irriguées de rivières vermeilles

     

    où nul soleil jamais n'effleura les vallées

     

    Alors

     

    Au bout des doigts des gestes magiciens

     

    rétabliront le cours des fleuves asséchés

     

    et leurs voies de rubis transporteront la vie

     

    qui s'épuisait déjà aux rives affaiblies

     

     

    Avoir frôlé la mort

     

    et puis renaître et vivre

     

     

    27 / 12 / 2015 .

     

     

     

     

     


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    Là-bas où j'ai rêvé.

     

    La côte des squelettes

     

     

    L'océan comme une huile

     

    Offre ses lames bleues au sable qui se noie

     

    sous les eaux de cristal

     

    Aux franges du désert l'onde et le grès s'animent

     

    Une étreinte lascive

     

    que le soleil sublime

     

    Ici

     

    la vie est née

     

    œuvre d'art avant l'art

     

    pour aimer le soleil sous les ondes trop froid

     

     

     

    Ici

     

    La vie se perd

     

    et ses os cathédrales défient les éléments

     

    près des navires échoués que la grève digère

     

    en un siècle patient

     

    ici

     

    la vie hésite

     

    elle erre quelquefois aux silences froissés

     

    quand l'aube n'ose pas effacer les ténèbres

     

     

     

    Le soir

     

    Une douceur orange inonde l'océan

     

    quand le soleil vaincu se dilue dans le bleu

     

     

    Mais la nuit en ces lieux ne triomphe jamais

     

    Si le jour s'évanouit

     

    c'est l'éclat des étoiles qui luciole les vagues de mille tremblements

     

     

     

    Du grand large s'élève un long soupir glacé

     

     

    Portée par des brumes légères

     

    une source de vie

     

    attendue au désert

     

    dont chaque grain aura son infime trésor

     

    Sa particule d'eau

     

     

     

    L'âpre vie du sous-sol n'attendait que cela

     

    Elle sort des terriers

     

    Le lézard

     

    L'araignée

     

    boivent cette rosée

     

    Puis l'un dévore l'autre

     

    et aux premiers rayons va dormir sous le sable

     

    Depuis des millions d'années

     

    L'ondulation des eaux quand le vent s'y repose

     

    Les battements de cœur du désert du Namib

     

     

     

     

     

     


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    Errances.

     

    A l'ombre des parfums je regarde aujourd'hui,

    quand mes mains se fissurent et j'écoute la vie.

    Celle qui durera l'espace d'un instant,

    ou bien l'éternité d'un fleuve de géants.

     

    Et la nuit m'ouvrira au désert de lumières

    qui enivrent les sols saturés d'aubes tendres.

    Un jour gris fermera l'inutile destin

    des ambres bleus noyés sous des eaux cimetières.

     

    Je remonte le temps, celui des cathédrales,

    quand je croyais mourir et que je visitais

    seulement le passé qui ronge mon futur.

     

    Des fleurs mauves s'étirent au bord de mes chemins,

    quand un neurone noir assassine les blancs.

    J'aime toujours autant quand je perds aux échecs.

     

     

    Si je perds aux échecs je suis curieux de voir

    la prochaine partie. Je relève des os

    que j'ai aimés un jour, pas si lointain d'ailleurs.

    Les années vont toujours chercher les souvenirs.

     

    Et le temps n'ose pas effacer la mémoire

    de granit effrité au fond des peurs enfouies.

    Les souvenirs sont ceux que nous savons garder.

    Une pierre qui pèse enfermée dans un os.

     

    Les souvenirs sont lourds quand je ferme les yeux.

    Dans une maison vide, sur un lit de hasard,

    un tremblement m'effraie et je sais bien pourquoi.

     

    Il me reste pourtant une lueur d'espoir,

    au bord de tes jardins peuplés de lueurs mauves,

    quand tu perds à la vie juste à côté de moi.

     

    Le temps est un échec que l'on suit pas à pas.

     

     

     


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