• La côte des squelettes.    La côte des squelettes c'est le désert du Namib qui se jette dans l'océan atlantique, sur des centaines de kms des navires se sont échoués sur ces plages ainsi que des baleines du temps des chasseurs.

     

    La côte des squelettes.

     

     

    L'océan s'alanguit et ses vagues s'épuisent aux franges du désert.

    Est-ce le sable ici qui se noie sous les eaux ?

    Ou bien la mer qui part à l'assaut de ces dunes...

    L'océan s'alanguit et je crois percevoir une complicité.

    Entre la terre et l'eau, une étreinte, un baiser...

    J'y vois poindre la vie,

    Celle qui est sortie et s'est mise à ramper pour aimer le soleil sous les ondes trop froid.La côte des squelettes.

    Celle qui s'échoua, dont les os cathédrales défient les éléments.

    Celle qui habitait ce navire brisé que la grève digère en un siècle patient.

    Celle des présences qui me frissonnent autour et attendent l'esprit d'un sorcier silencieux.

    J'y vois poindre la vie, pourtant c'est bien la mort qui reste en témoignage.

     

    Au soir venu persiste du soleil une douceur orange prête à se diluer, mais ici la nuit ne gagne jamais.

    Quand le jour s'évanouit c'est l'éclat des étoiles qui luciole les vagues de mille tremblements.

    Toute la nuit elles libèreront un souffle glacé.

    Porté par des brumes légères il couvrira le sable.

    Chaque grain recevra un infime trésor : Sa particule d'eau.

    Les minuscules vies n'attendaient que cela pour sortir des terriers, boire cette rosée, s'entre-dévorer et aux premiers rayons s'enfouir sous le sable.

     

    Le murmure des vagues quand il aime La caresse du vent...

    Seuls, jusqu'au soir...

    Et le temps immobile plusieurs millions d'années...


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  • Un bord de rivière aux falaises escarpées. Tôt le matin. Seul.

    Des silences, des ondes et des lumières propices aux rêveries.

     

    Rêveries

     

    La falaise est concave

    Inlassable le vent lui vole des poussières

    Il creuse au ventre rond

    On croirait qu'il espère au fond un cœur qui bat

     

    La falaise est brisée

    Des titans en colère ont dépecé ses roches

    Étranges pyramides empilées ça et là

    dans le bas du vallon

     

    La falaise est béante

    Un orage assassin coup de glaive du ciel

    l'a éventrée un jour

    Sa blessure gémit quand l'air un peu trop vif en caresse les lèvres

     

    La falaise est usée

    Mille rides ondoient sur un frisson de peau

    et sa chair est percée

    Son sang clair comme une eau s'épanche et vient grossir l'artère tout en bas

     

    et depuis si longtemps

     Elle vit

    Prométhée le savait

    Il en a fait les hommes

     


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  • Comme une ombre

     

    J'aurais aimé passer sur la vie comme une ombre

    qui se love au soleil

    Effleurer tous les êtres

    mais pas les altérer

    Léger comme un regard sur un souffle de vent

    J'aurais aimé planer en aura voyageuse

    qui s'échoue

    au hasard

     

    Et vit

    un seul jour ou mille ans

    Vie d’insecte ou de roc

     

    N’avoir aucune peur de la longueur du temps

    et apprendre à aimer tous mes égarements

     

    Si j’avais pu passer sur la vie comme une ombre

    J'aurais peut-être été ami de cette espèce

    qui sait anéantir son espace vital

    qui prouve à ses enfants

                                   après moi le déluge

     

    Si j’avais pu passer sur la vie comme une ombre

                                                    J’aurais peut-être aimé être un être vivant


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