• Un lever de soleil dans les paysages lunaires du désert du Namib.

    La solitude, l'immensité, nous ouvrent à d'étranges perceptions...

     

    L'heure bleue.

     

    Depuis le premier jour des milliards de soleils ont façonné le monde

    Et la Terre brulée évapore ses larmes

    Le voile évanescent de la couleur du jour

    irradie de diamants au coin de chaque pierre

    Du sommet des monts bleus la lumière s'épanche en une marée d'or

    me traverse

    et  s'échoue dans des lointains secrets

     

    Dévoré d'anxiété

    J'attendais ce matin

    comme on attend une île

     

    Et la vie

    Ce miracle

    m'envahit de sa foi

     

    Plus jamais je le sens je n'aurai peur du vide

    pourtant tous les démons n'ont pas été chassés

    Ils sont juste enfermés

    dans ce vieil océan de mémoire figée

    où surnagent des rêves qui rêvent de s'enfuir

     

    de nombreux souvenirs

    quelques traces d'espoir

     

    Rien      

     


    votre commentaire
  • L'arbre à palabres.

     

     

    Il naît de temps en temps sur la terre africaine d'une graine sacrée un arbre magicien.
    Les esprits ont besoin d'un pont avec les Dieux.

    Alors l'arbre grandit et devient cet autel, réceptacle des voix que les Griots usés font entendre le soir.
    Quand la lumière pâle de mondes inconnus se pose sur la Terre, les secrets se dégagent de la moindre fissure. S'évaporent du sol, glissent de l'un à l'autre.

    Envahissent l'espace.

    D'un regard les anciens partagent leur savoir.


    Un murmure ondule, emprisonne le cercle.


    Au milieu des fumées tant de songes s'emmêlent,

    et depuis deux mille ans l'arbre boit ces pensées par lesquelles il croît.

    Nul ne sait les mystères qui dorment dans ses plis.

    Mais un jour une plaie déchire son écorce, et ce corps colossal s'offre en une grotte.


    Tous les griots respectent cette étrange béance, sachant qu'un jour prochain,
    aux plus dignes d'entre eux elle sera sépulture.

    Le temps les unira et l'homme-baobab tout au long de sa vie

    transmettra son savoir aux ombres décharnées venues prier sous lui.


    Dans les nuits africaines un des rites les plus étranges se sera accompli
    servi de mélopées sacrées aux rythmes syncopés.



    Histoire de cette terre.

     

    Racines de l'Afrique.

     


    votre commentaire
  • LES SOUVENIRS DU TEMPS PERDU.

     

    IL Y A DES SOUVENIRS PARFOIS QUI SONT TAPIS DANS UN COIN DE MÉMOIRE.

    ET QUI ATTENDENT, TOUJOURS, L’INSTANT DANS UNE VIE. CETTE HEURE FAVORABLE,

    QUI POURRA LEUR PERMETTRE DE REVIVRE UN PEU QUELQUES LUEURS  D’ESPOIR…

    J’EN AI ÉCRIS CERTAINS QUI M’ONT RENDU  HEUREUX.

    DES VIEUX QUI ONT TRENTE ANS, RECOUVERTS DE POUSSIÈRE ET QU’IL FALLAIT CHERCHER ENFOUIS SOUS DES PASSIONS.

    QUI ÉTAIENT MORTS DE PEUR OU PEUT-ÊTRE ÉCRASÉS LORS D’UNE GUERRE INTERNE DANS  CE COIN DE CERVEAU EN CONFLIT QUELQUEFOIS.

    IL FAUT FAIRE ATTENTION, POUR UNE CRISE DE FOU OU UNE CRISE DE FOI LES NEURONES S’ENTRETUENT.

     

    IL Y A DES SOUVENIRS PARFOIS QU’IL VAUDRAIT MIEUX EMPÊCHER DE SORTIR.

    LES SOUVENIRS TU SAIS ; ILS NE SONT JAMAIS VIEUX, ET IL FAUT LES BRULER

    POUR NE PLUS EN SOUFFRIR, POUR NE PAS EN PLEURER, POUR NE PAS EN MOURIR.

    TU VOIS IL VAUDRAIT MIEUX LES LAISSER ENFOUIS SOUS LEURS TOILES D’ARAIGNÉES.

     

    POURQUOI SAIT-ON TOUJOURS ALORS QU’IL EST TROP TARD QUE LE TEMPS EST FUGACE

    ET QUE LE DÉSESPOIR NE FRAPPE PAS PAR HASARD MAIS SOUVENT NOS ERREURS.

    OU BIEN NOS NÉGLIGENCES QUAND ON CROIT QUE DEMAIN SUFFIRA A LA PLACE

    DE CE TEMPS QUE L’ON A BAFOUE AVEC DÉDAIN

    ET PERDU ; C’EST CERTAIN.

     

    ET JE VOUDRAIS POUVOIR CONVAINCRE MES AMOURS, MES AMIS, MES ALLIES,

    CEUX QUI DE MON PASSE ME REVIENNENT TOUJOURS. CEUX QUE J’AI PAS CONNUS

    MAIS QUI ME CROISERONT PAR HASARD DANS CES RUES  OU NOUS AVONS OUBLIE

    UN GESTE DE LA MAIN, UN MOT DE BIENVENUE SANS UN SOUS-ENTENDU.

    JE CROIS QU’IL MANQUE ENCORE DANS LA TÊTE DES GENS DES TONNES DE TOLÉRANCE

    ET LE RENONCEMENT DE CES BESOINS URGENTS QUI LES RENDENT SI EXTRÊMES

    ET PUIS QUI LES REMPLISSENT D’INSONDABLES REMORDS POURVOYEURS DE SOUFFRANCES,

    QUI LES DÉCHIRENT PARFOIS COMME UN CHIEN FOU QUI MORD LA VIANDE JUSQU’À L’OS.

    NEURONES ÉLECTRONIQUES, ORDINATEURS FUTURS APPRENDREZ-VOUS A L’HOMME

    A AIMER SON PRÉSENT. REJETANT CES TORTURES QU’IL S’INFLIGE SOUVENT

    PAR BÊTISE, PAR FIERTÉ, POUR L’HONNEUR QUELQUEFOIS.

    OU BIEN SERA-T-IL COMME

    SES ANCÊTRES ENFERME DANS UN MANQUE DE FOI TOTAL EN L’AVENIR.

    JE RESTERAI PENSIF JUSQU’AUX DERNIERS INSTANTS

    LE REGARD ENFUME PERDU DANS QUELQUE BRUME FLOTTANT SUR L’OCÉAN

    DE CES ANNÉES PERDUES QUI NE VALENT PLUS RIEN PUISQU’ELLES SONT VÉCUES

    ET MORTES ET ENFERMÉES DANS CETTE BOITE IDIOTE QUI NE SERT DÉJÀ PLUS

    QU’A REMUER LE PASSE.

     

    VEVEY. LE 26 / 03 / 1997.

     


    votre commentaire