•  Confidences.

     

    Je suis de toutes les vies, quelques secondes où plusieurs siècles...

    Ici, ailleurs, dans d'autres galaxies...

     

     

    Sur votre planète j'ai tout exploré, des plus profondes grottes aux immenses sommets.

    Je me pose parfois dans des nuages flous en rêvant d'océans.

    Les déserts me désirent et, complice, je m'offre à leur aridité.

    Les forêts exilées se replient en silence si je les abandonne et quand l'hiver raidit sous l'écorce du gel, je l'accepte ; vaincue en larmes de cristal je songe au temps qui s'éternise.

    Si souvent je m'épuise au milieu de brasiers, je peux fuir par les airs et renaître plus loin, où je glisse : soyeux serpent de verre.

    Insaisissable, pas une de vos idées ne saurait m'enfermer.

    Si vous me convoitez je viens au cœur de vos atomes, je fouille votre intime, je suis votre survie.

    Ma mémoire connait les secrets de la vie : ce mystérieux pouvoir qui nous anime tous et que je véhicule de l'herbe à l'éléphant.

    Vous n'êtes pas nombreux à croire en mes pouvoirs et vous me condamnez aux plus basses besognes.

    Quand vos vies me polluent, ce désastre ne vous inquiète même pas.

    Regardez-moi

    Je renais de vos cendres et je fuis par des chemins secrets jusqu'au sang de la Terre : ces laves éternelles dans lesquelles je me noie pour des noces de feu.

    Ivre de liberté je me ressource au minéral liquide.

    Parfois sur mon parcours dans ce noir absolu surgissent des étoiles ; émeraudes, diamants, merveilles qui patientent des temps immémoriaux.

    Sous mes pulsions de vie je nourris leurs jardins puis je les abandonne, éclatants, à leur éternité.

    Ma fuite se poursuit encore plus profond pour finir dans des lacs sombres et immobiles.

    D'immenses lacs de paix.

     

    Quand vous disparaitrez je serai toujours là, vivante et cristalline aux aquifères profonds.

     

     

     

     


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    Au feu de camp.

     

     

     

    Nuit africaine

     

     

     

    Je ne dors pas la nuit

    Au désert du silence j'aime m'abandonner

     

    Jamais je ne m'ennuie quand l'ombre de l'Afrique  m'enveloppe et m'imprègne de ses multiples vies

     

    Dans son immensité elle me fait grandir

     

    Le soir sous ses étoiles

    avec auprès de moi un feu qui auréole une tache de vie

    le plus léger des souffles passe pour la visite d'un esprit bienveillant

     

    Une fausse quiétude enveloppe le camp

    L'aura d'un fauve ondule aux frontières du feu

    et juste un peu plus loin un lion me rugit

    que ma présence ici est juste tolérée

    et pourrait être malmenée

     

    Ici je n'offre rien je ne prends rien je ne suis rien

    Je piétine un sol neuf avec l'espoir secret

    de vivre intensément

    Et j'aime imaginer que les siècles qui passent

    ne bouleversent rien et que les baobabs qui surplombent la plaine

    depuis plus de mille ans n'ont jamais vu un homme d'un autre continent

    s'abriter sous leur ombre

     

    Et dans cette énergie qui émane du sol

    des arbres presque secs

    des chemins de poussière

    des lumières d'étoiles

    Minuscule j'espère enfin être accepté

     

    mercredi 30 / 12 / 2015.

     


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    Poème inspiré d'un roman sur l'autisme.

     

    Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière” V. Hugo.

     

     

    Les longs silences.

     

     

    Aujourd'hui je le sens

     

    Je sors comme d'une eau

    de ces profonds silences qui noyaient mes instants

    et la peur d'affronter les lumières et les ombres

    vient tomber à mes pieds

     

    comme une peau usée

     

     

    Je me retourne encore sur les derniers remous

     

     

    où hésitaient mes pas

     

    Silence” est assassin il envahit l'espace

    Il noircit la lumière

    Silence” est ce désert dans lequel je suis né

    Longtemps je l'ai maudit

    pour ses aubes stériles qui écornent la vie

     

    Je l'abandonne là

    au bord de mon chemin

    et le temps gris et froid

    miroir de mon passé se dilue avec lui

     

    Je te regarde et je crie

    Avant de te parler je crie pour m'éveiller à cette aube nouvelle

    J'ai des mains pour aimer ton visage

    J'ai des yeux pour aimer ton regard

    pour t'appeler Maman

     

    Pour la seconde fois

    je suis né

     

    Mais cette fois

     

    Je crie

     

     

    mercredi 27 / 01 / 2016.

     

     

     


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