•  



    L'automne qui étend son âme silencieuse
    pèse sur nos épaules et son pastel rouillé 
    nous fait un vêtement saupoudré de grains d'or. 

     À l'hiver impatient qui promet des ornières nous irons musarder 
    – tes doigts au creux des miens – 
    sur les chemins noyés dans des ombres de neige,
    où tes pas, si légers, poseront leur empreinte
    que les vents turbulents effaceront demain.

    Tes mains fines peindront en trésors tamisés les jours de notre vie.
    Rien n'échappe à ton œil des infimes tableaux 
    que l'instant peut offrir : un vif éclair d'oiseau égratigne le ciel
    et ce trait de couleur te réjouit jusqu'au soir.
    Une fleur par erreur vient à naître en hiver
    et tes yeux s'illuminent.

    Belle pour tous les tiens et pour moi plus encore.
    Tu es... 
    Un soupir d'aquarelle sur le pinceau du temps. 
    Et le ciel rose et bleu, déjà frangé de noir, 
    où murmure le soir ne ternit pas nos joies.
    Et je t'aime.

     


    votre commentaire

  • L'automne qui étend son âme silencieuse
    pèse sur nos épaules et son pastel rouillé 
    nous fait un vêtement saupoudré de grains d'or. 

    À l'hiver impatient qui promet des ornières nous irons musarder 
    – tes doigts au creux des miens – 
    sur les chemins noyés dans des ombres de neige,
    où tes pas, si légers, poseront leur empreinte
    que les vents turbulents effaceront demain.

    Tes mains fines peindront en trésors tamisés les jours de notre vie.
    Rien n'échappe à ton œil des infimes tableaux 
    que l'instant peut offrir : un vif éclair d'oiseau égratigne le ciel
    et ce trait de couleur te réjouit jusqu'au soir.
    Une fleur par erreur vient à naître en hiver
    et tes yeux s'illuminent.

    Belle pour tous les tiens et pour moi plus encore.
    Tu es... 
    Un soupir d'aquarelle sur le pinceau du temps. 
    Et le ciel rose et bleu, déjà frangé de noir, 
    où murmure le soir ne ternit pas nos joies.
    Et je t'aime.


    votre commentaire
  • "Le temps est un poison tellement délicieux.

    Le temps est un poison infiniment précieux."

     

     

     

    Sur la place du village ils ont un rendez-vous, rite ancien au banc qui les reçoit.

    Et tout au long du jour leurs mains – sarments noués – s'enroulent doucement,

    s'entrelacent ou se figent dans un silence d'écorces grises.

    Sous la peau parchemin, tendue aux arêtes des os,

    quelques braises rougeoient dans des creux où la vie, ralentie,

    bat encore au plus près de leur cœur.

    Le burin des années a taillé sur leurs joues des ombres de granit

    et figé à l'entour de leurs yeux un flot de rides tristes.

    Ces yeux, un peu trop bleus, errants dans un brouillard où l'instant s'évapore.

     

    Tandis que s'éternisent les coffres de mémoire où vivent-ils leur temps ?

    Si près de nous mais si près de cent ans.

    Peut-être en souvenirs – voyages incertains – témoins des jours heureux.

    Souvenirs de ces prés aux herbes écrasées dans les roulades de l'enfance,

    ivres de cris et d'insouciance.

    Souvenir de ce trouble regard, ce silence gêné,

    effacé d'un sourire à l'instant d'inventer la première caresse.

     

    Dans les feuillets du temps ils rêvent dans des lieux qui servent de repos aux mémoires anciennes.

    Dernier refuge pour ceux dont les chemins-haillons désertent le futur

    et chancellent trop près des limbes qui les espèrent.

    Leurs gestes économes au souffle fatigué d'une brise d'hiver,

    leurs sourires pensifs – nuages vaporeux – savent bien les adieux.

     

    Ils les attendent comme un dernier faux pas.

     

    Sanilhac 04.12.2017


    votre commentaire